Machines Molles / pour voir les vidéos cliquez sur les vignettes
Mon travail de scénographe me permet d’apprécier en priorité les « qualités du vide ». Ce vide, je tente de le remplir le mieux possible lorsque l’on s’adresse à moi pour un travail bien précis où la construction des espaces se doit de simplement rendre visible leurs usages.
Ici, mon travail plastique s’attache, au contraire, à vider le vide d’un quelconque résidu d’oeuvre formelle.
Ce sont des objets réalisés entre 1981 et 1984. Ils ont pour la plupart disparus.
Olivier Borne n'a pas choisi, comme certains artistes des années 70, d'empiler des déchêts, offerts à l'oeil comme souvenir. Les oeuvres d'Olivier Borne s'inscrivent dans un processus mèmoriel que l'artiste dècide lui même, de la dècharge publique où l'histoire se meurt à la remise en route de l'objet jusqu'à son déréglement.
Rien n'échappe au temps, tout est perpètuel outrage, et si les machines d'Olivier Borne sont èphèmères, c'est dans l'espace le plus agrandi de la mèmoire. On va chercher le mal là où il est. Comme "les Tourniques", qui ne montrent pas le temps en suspension, en attente, mais que le passé, le prèsent et l'avenir ne forment qu'un, et que, à travers notre oeil et nos actions, nous sommes tributaires. Et de ce que nous prenons pour des menaces, dèjà vaincus face à la mort, Olivier Borne multiplie les tourniques, jamais identiques, l'èlèment unique du dèpart comme position, les autres qui ne cessent de tourner dans le vide, comme renonçement.
Christophe Marchand